Avocat généraliste – Droit des dérives sectaires
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« Regards sur » de janvier 2011
Maître Daniel Picotin :
« Les reclus de Montflanquin et D’Oxford : une affaire emblématique de manipulation et d’emprise mentale. »
En décembre 2001, après Noël, une famille aristocratique connue en Aquitaine, devait se retirer du monde en se claquemurant jour et nuit dans son château de Martel, sur la commune de Monflantquin, en Lot-et-Garonne.
Onze personnes sur trois générations, de Guillemette de Védrines, née Adhémar, âgée alors de quatre-vingt neuf ans, jusqu’à la petite Diane de Védrines qui avait seize ans, se sont purement et simplement retirées du monde, arrêtant leur activités professionnelles, se coupant de leurs relations habituelles, se séparant de leur conjoint…
Cette situation extraordinaire est d’autant plus remarquée que la famille était connue et socialement intégrée en Lot-et-Garonne, mais aussi à Bordeaux où le Docteur Charles–Henri de Védrines, âgé d’une cinquantaine d’années, était un gynécologue obstétricien reconnu, par ailleurs candidat aux élections municipales de 1995 sur la liste du Maire et ancien Premier Ministre, Alain Juppé […]
…«Avant d’arriver au dénouement humain de cette affaire complexe, en 2009, plus de huit ans après les faits, de multiples obstacles ont été placés sur la route de ceux qui ont cherché à les libérer et à faire avancer la justice.
L’incompréhension de la Justice, des services La suite >
Libérés du gourou de famille
Des aristos bordelais, sous influence depuis huit ans, ont été «exfiltrés» d’Oxford. Une véritable opération commando.
Les Védrines sont de sortie. Mais pas pour une promenade de santé. Ces aristocrates bordelais ont quitté depuis le début de la semaine la prison mentale où les avait enfermés un gourou pour retrouver leur Sud-Ouest natal. Après huit ans de délire, ils paraissent dévastés, ruinés, fatigués, en pleurs. Les onze membres de la famille Védrines vivaient depuis 2001 sous l’emprise de Thierry Tilly. Trois générations manipulées par un seul homme.
De la grand-mère Guillemette, 97 ans, au petit-fils Guillaume, 32 ans. Reclus au début dans une bastide du Lot-et-Garonne, à Monflanquin (Libération du 24/12/2003), puis disparus en Angleterre ils avaient dégringolé l’échelle sociale pour vivre de petits boulots. Ils ont été récupérés cette semaine à Oxford, notamment dans une maison blanche à bow-windows. L’«exfiltration» s’est réalisée à la manière d’une opération commando, avec un psychanalyste, un criminologue et un chauffeur. «Nous les avons réveillés»,a expliqué, laconique, l’avocat Daniel Picotin, qui a initié l’expédition visant à les remettre doucement en contact avec le réel. «Ils tombent du ciel. C’est très lourd, ils réalisent qu’ils n’ont plus rien, et pour certains qu’ils ne sont plus rien, que vont-ils devenir ?» s’interroge La suite >