Avocat généraliste – Droit des dérives sectaires
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Une ex-raélienne attaquée en justice par le gourou
BORDEAUX. Hier s’est tenu le procès d’une enseignante ex-adepte du mouvement raélien, assignée au tribunal par Claude Vorilhon, pour diffamation
Dominique Saint-Hilaire a longtemps hésité avant d’évoquer devant la presse bordelaise son passé d’adepte du mouvement raélien. Hier pourtant, cette enseignante de 53 ans, professeur d’anglais au collège de Léognan, a répondu courageusement aux questions des journalistes alertés par son avocat, Me Daniel Picotin, d’autre part président de l’association Infos Sectes Aquitaine. Elle a estimé que l’évocation de son passé, à l’occasion de son procès, avait des vertus pédagogiques.
En effet, l’ancienne adepte, qui a passé treize ans au sein mouvement raélien, était assignée pour diffamation devant la première chambre civile du tribunal de grande instance par Claude Vorilhon alias Raël, absent du prétoire.
Le gourou, qui vit actuellement au Canada, estime que son honneur et sa réputation ont été salis par des propos que l’enseignante a tenus sur un forum de discussions reprenant, sur Internet, des extraits d’une interview qu’elle avait accordée en 2002 à une chaîne de télévision canadienne.
Dans cet entretien, Dominique Saint-Hilaire écrivait que Claude Vorilhon, dont elle a, un temps, traduit les oeuvres, était « certainement un escroc », peut-être un manipulateur, et qu’il avait des problèmes avec le fisc.
Me Jean-Marc Florand, La suite >
Elle ne croit plus au père Raël, le gourou l’attaque en justice
30 000 euros demandés à une enseignante bordelaise pour diffamation.
Il lui avait promis «du bonheur, le droit à la vie éternelle». Dominique Saint-Hilaire, 53 ans, y croyait. Et pendant des années, elle a adhéré au mouvement des «raéliens guidés par le prophète» Claude Vorilhon, alias Raël. Depuis, elle a déchanté. Et se trouvait hier devant le tribunal de grande instance de Bordeaux, assignée en diffamation par son ex-gourou, lequel n’a pas apprécié qu’elle mette en doute la probité de la secte dont elle s’était détachée deux ans plus tôt.
La rencontre de Dominique Saint-Hilaire avec les raéliens date de 1987. A cette époque, cette enseignante en anglais, en poste à la Guadeloupe, est «en souffrance». Divorcée, elle se retrouve seule à élever ses trois enfants, dont un handicapé. Les raéliens lui apportent du «soulagement». Pas seulement moral. La secte pratique aussi le soulagement financier. Dominique crache au bassinet. «1 000 euros par an en moyenne.» Cela dépendait. Ça pouvait être plus ou moins. «On donnait ce qu’on voulait.»
«Foi». Pendant treize ans, Dominique ne rechigne pas à mettre la main à la poche, comme les 10 000 adhérents que compte la secte. Peu importe, «quand on a la foi». L’intervention des extraterrestres La suite >
